La Sclérose en plaques : connaître cette maladie aux conséquences physiques et psychiques

La sclérose en plaques ou SEP est une maladie du système nerveux central. Décrite pour la première fois au XIXe siècle par Jean-Martin Charcot. Cette maladie chronique peut provoquer des séquelles allant jusqu’au handicap.

Ce sont surtout les femmes qui sont concernées. En France, il y aurait entre 70 et 90 000 patients souffrant de sclérose en plaques, et depuis une vingtaine d’années, ce nombre ne fait qu’augmenter. On recense plus de 4 000 nouveaux cas chaque année. Plus d’une personne sur 1 000 seraient concernées.

Aux vues de ces chiffres éloquents, nous allons détailler cette maladie afin de mieux la comprendre en nous intéressant aux causes, aux symptômes, aux conséquences physiques et psychiques, au diagnostic et aux traitements. Nous verrons aussi le cas particulier de la grossesse en cas de sclérose en plaques.

Qu’est-ce que la sclérose en plaques ?

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune. Les maladies auto-immunes sont générées par un dérèglement du système immunitaire qui s’attaque à certains constituants de l’organisme. Dans le cas de la sclérose en plaques, c’est la myéline qui est considérée comme un corps étranger. C’est une protéine indispensable à la propagation de l’influx nerveux. Attaquée, cela provoque une inflammation qui atteint le système nerveux central constitué du cerveau et de la moelle épinière. C’est lui qui assure les fonctions intellectuelles et sensitives, contrôle les mouvements, l’équilibre et les muscles. Par conséquent, lorsque le système nerveux central est défaillant, les conséquences se répercutent en affectant les sens, les mouvements, l’équilibre, etc.

Quels sont les symptômes de la sclérose en plaques ?

La manifestation de la maladie est variable. Au cours d’une poussée donc pendant une durée limitée de 2 à 4 semaines, les symptômes apparaissent ou s’amplifient. On peut noter :

  • Des troubles de la sensibilité avec des fourmillements, des picotements, une sensation d’étau, un engourdissement, une sensation de décharges électriques le long de la colonne vertébrale lorsque le patient fléchit la tête appelé signe de Lhermitte, etc.
  • Une faiblesse musculaire, dans un bras ou une jambe qui peut provoquer des difficultés à marcher ;
  • Une baisse de vision due à l’atteinte du nerf optique qui peut s’accompagner de douleurs au niveau de l’orbite ;
  • Des troubles visuels, le patient voit double ou flou ;
  • Des vertiges.

 

En dehors des poussées, des symptômes tels que la fatigue, des tremblements, des troubles urinaires, une constipation peuvent se manifester.

 

Des infections courantes comme un rhume peuvent favoriser le déclenchement d’une poussée. Le stress favorise également l’exacerbation de certains symptômes.

 

Il est fréquent qu’en début de maladie, les symptômes disparaissent d’eux-mêmes. Mais après plusieurs années, des séquelles peuvent s’installer allant jusqu’au handicap.

Quelles sont les différentes formes de sclérose en plaques ?

En fonction de l’évolution de la maladie, on distingue trois formes de sclérose en plaques :

  • La forme « récurrente-rémittente » : 85 % des malades souffrent de cette forme de la maladie, elle évolue par poussées successives intercalées de périodes de rémission au cours desquelles la maladie n’évolue donc pas ;
  • La forme dite « progressive secondaire » : Dans 50 % des cas, après 5 à 20 ans, la maladie progresse entre les poussées ;
  • La forme « progressive primaire » : Pour 15 % des cas, en général chez les personnes plus âgées, la maladie évolue lentement et progressivement, avec ou sans poussée.

 

Quelles sont les personnes les plus exposées au risque de sclérose en plaques ?

Il s’avère d’après une étude épidémiologique que la maladie touche dans la majorité des cas les personnes entre 20 et 50 ans et surtout les femmes. Elle est plus souvent diagnostiquée à des latitudes hautes, c’est-à-dire dans des régions éloignées de l’équateur. Elle concernerait davantage les personnes ayant une ascendance nord-européenne. Une prédisposition génétique semble s’appliquer mais la maladie n’est pas héréditaire. Enfin, la migration de personnes de moins de 15 ans vers une zone où la sclérose en plaques est plus fréquente ont plus de risques de la contracter. Ce qui laisse à penser qu’en plus des facteurs génétiques et ethniques, des facteurs environnementaux jouent aussi un rôle.

Comment diagnostiquer la sclérose en plaques ?

Pour diagnostiquer la sclérose en plaques, il faut mettre en évidence l’atteinte du système nerveux central à la fois dans le temps et dans l’espace.

Les examens suivants permettent le diagnostic :

  • L’IRM : imagerie par résonance magnétique ;
  • La ponction lombaire : plus obligatoire depuis l’arrivée de l’IRM, elle est réalisée très fréquemment pour mettre en évidence des signes d’inflammation dans le liquide céphalorachidien entourant le système nerveux central. Elle permet de confirmer le diagnostic ;
  • La mesure des potentiels dits « évoqués » : pour étudier la qualité et la vitesse de la conduction de l’influx électrique le long des voies nerveuses.

 

Pour diagnostiquer les formes progressives de la sclérose en plaques, il est indispensable d’effectuer une IRM du cerveau et une IRM de la moelle, la mesure des potentiels évoqués et une ponction lombaire pour confirmer le diagnostic.

Quelles sont les conséquences physiques et psychiques de la sclérose en plaques ?

Les conséquences physiques de la SEP comme la raideur de la marche, la grande fatigue, les troubles urinaires, les problèmes de vue, ne sont pas toujours visibles mais ont un large impact sur la vie quotidienne. Ces complications physiques vont bien évidemment avoir des retombées psychiques sur les personnes souffrant de sclérose en plaques. La charge émotionnelle peut entraîner un état d’anxiété voire une dépression. La tristesse, le ralentissement physique, le changement d’humeur, la dévalorisation, la perte de motivation sont des conséquences dont il faut particulièrement tenir compte dans le traitement de la sclérose en plaques.

De quelle manière est traitée la sclérose en plaques ?

Les intervenants dans le traitement de la sclérose en plaques

Comme c’est souvent le cas pour les maladies chroniques, une équipe pluridisciplinaire va prendre en charge la sclérose en plaques : neurologue, psychologue, kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute, infirmier, urologue, ophtalmologiste… Mais aussi des professionnels des médecines alternatives comme le magnétiseur pour apaiser les conséquences psychiques, pour soulager la douleur et le stress engendré et qui contribue aux poussées. L’action coordonnée des divers professionnels permet d’assurer un suivi optimal.

Les traitements de fonds de la sclérose en plaques

La sclérose en plaques est traitée par des immunomodulateurs et des immunosuppresseurs qui rendent les poussées moins fréquentes et ralentissent l’évolution du handicap. Pour traiter les poussées, des perfusions intraveineuses de corticoïdes, de puissants anti-inflammatoires, sont administrés sur une courte période afin d’atténuer l’inflammation du système nerveux central.

Les autres traitements non spécifiques à la sclérose en plaques

Outre un traitement médicamenteux de fonds adapté à chaque cas pour réduire la durée et l’intensité des poussées, une prise en charge non spécifique à la sclérose en plaques doit être envisagée :

  • Des traitements pour soulager des symptômes liés aux poussées qui diminuent la qualité de vie au quotidien comme la fatigue, la douleur, l’anxiété, des troubles dépressifs, des tremblements et mouvements anormaux, la raideur musculaire ou l’incontinence.
  • Une rééducation fonctionnelle pour maintenir l’autonomie ;
  • Un soutien psychologique ;
  • Une activité physique adaptée (APA) ;
  • Un programme d’éducation thérapeutique.

Que se passe-t-il en cas de grossesse pendant la maladie ?

Les poussées de sclérose en plaques diminuent au cours de la grossesse, notamment au cours des 3 derniers mois. La femme qui désire un enfant doit stopper son traitement 3 à 6 mois avant sa grossesse ou en tout cas dès qu’elle sait qu’elle est enceinte. Par contre, l’utilisation de corticoïdes en cas de poussée durant la grossesse est possible, tout comme l’accouchement sous péridurale. Si la mère désire allaiter, son traitement ne pourra être repris qu’après cette période.

 

Aujourd’hui, plusieurs essais thérapeutiques avec différents nouveaux médicaments sont réalisés avec pour objectif de comprendre les mécanismes de la remyélinisation.

Si vous souffrez de sclérose en plaques ou si quelqu’un de votre entourage est touché par cette maladie chronique, je peux certainement apporter mon aide en diminuant les conséquences physiques et psychiques de la maladie, sans toutefois la guérir. Alors